Le terme générique de la céramique désigne l’ensemble des objets fabriqués en terre qui ont subi une transformation physico-chimique irréversible au cours d’une cuisson à température plus ou moins élevée. La céramique, qui utilise l’argile comme matériau de base, est un art pratiqué depuis la préhistoire.

Je vous propose de découvrir l’évolution de cet artisanat, qui est antérieur au travail des métaux et du verre.

 

 

 Le plus ancien art du feu

La céramique fut le premier "art du feu" pratiqué par l’homme, avant l’apparition de la verrerie, de l’émaillerie, de la Mosaïque ou du vitrail (qui utilisent également la transformation d’une terre sous l’action du feu). Elle serait apparue vers le Xème millénaire avant J.-C. en Extrême-Orient, au VIIème millénaire avant J.-C au Proche-Orient, et au VIème millénaire avant J.-C. en Occident.

Cependant, les pièces les plus anciennes, à vocation culturelle, comme la Vénus de Dolní Věstonice, remontent à la période paléolithique (29 à 25000 ans avant J.-C.) lorsque les premières poteries de terre molle furent façonnées et cuites sur feu ouvert. Cet art, dont le nom vient du grec ancien kéramos, signifiant "terre à potier", "argile".

 

 Les différentes sortes d'argiles

L'argile est une production permanente de la Terre. Elle est produite par l'érosion de la surface de la croûte terrestre, en particulier par l'action de l'eau (précipitations, fleuves et glaciers) qui désintègre par broyage et action chimique les roches en les fractionnant en particules de plus en plus petites. 

Sa composition chimique est très semblable à la décomposition moyenne de la surface de la Terre, dans son ensemble, qui est composée pour 75 % de silice et d'alumine. Les autres éléments sont différents oxydes et bien sûr l'eau. L'argile est essentiellement produite par le minéral le plus commun sur la Terre : le feldspath. 

Il existe un grand nombre d'argiles très différentes. Les diverses conditions géologiques qui permirent la formation de lits d'argiles de compositions chimique et physique différentes expliquent cette grande variété.

 

 

Le kaolin

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C'est une argile primaire formée par la décomposition du feldspath, très réfractaire (son point de fusion dépasse 1800°), on l'utilise surtout dans la composition des émaux.

 

 

Les argiles très plastiques ou "ball clays"

Il est quasiment impossible de les utiliser seules en poterie en raison de leurs grandes plasticités. Elles entrent, elles aussi, en général dans la composition des émaux. 

 

 

Les terres à feu ou argiles réfractaires

Elles ne fondent ni ne se déforment jusqu'à 1500° environ. Elles sont utilisées dans la fabrication des briques réfractaires ou éléments réfractaires pour les fours, fourneaux, chaudières et creusets. La texture grossière de certaines de ces terres en fait un bon élément pour des sculptures de grande dimension.

 

 

Les terres à casettes (cazettes ou gazettes)

Ce sont les boîtes d'argile dans lesquelles on cuit des pièces à l'abri de la flamme et du rayonnement direct du four (on en trouve à Betschdorf). C'est une terre assez plastique qui doit résister une fois cuite aux chocs thermiques et à de nombreuses cuissons.  

 

 

La porcelaine

La porcelaine entre dans la catégorie des céramiques à pâte dure, au même titre que le grès. C'est une argile assez peu plastique, difficile à travailler et plutôt réfractaire. La première cuisson s'effectue à une température jusqu'à 980°C. La deuxième cuisson pour la glaçure ou/et décor est effectuée entre 1280° et 1400° (cuisson haute température). La porcelaine est remarquable par sa blancheur et une certaine transparence après cuisson.

 

 

Le grès

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Le grès entre dans la catégorie des céramiques à pâte dure, au même titre que la porcelaine. C'est une argile plastique et non poreuse pouvant résister au gel en extérieur.

Il existe des grès de différentes couleurs comme le grès blanc, roux, noir ou encore gris. La première cuisson appelé dégourdi est effectuée à une température allant jusqu'à environ 980 °C. La deuxième cuisson ou l'on pose émail, glaçure ou/et décor est effectuée de 1200° à 1350° environ (cuisson haute température). 

 

 

Le raku

C'est généralement des grès chamottés (la chamotte, ou tesson broyé, est une argile brute cuite à une température de 1300 - 1 400 °C, qui est ensuite broyée et tamisée puis ajoutée à une terre lisse) qui doivent restés ouvert et très résistants aux chocs thermiques compte tenu du mode de cuisson et de la température utilisé car la pièce est rapidement montée à la température de maturation de l'émail (en général de 900 à 1050°C en 1h30 environ) et sortie directement du four. Le choc thermique induit des rétractions différentes de l'émail et de la terre : des craquelures apparaissent dans la glaçure. La pièce, plongée dans un récipient contenant des matières organiques, y subit une post réduction. L'absence d'oxygène modifie les couleurs de l'émail, les oxydes métalliques s'irisent, le carbone dégagé par la combustion des matières organiques pénètre les craquelures de l'émail et  y dessine de subtils réseaux noirs. 

 

 

La faïence

Le terme « faïence » s'applique aux céramiques qui sont cuites entre 950°C et 1100°C (basses températures). Généralement, on réalise une première cuisson, appelée « biscuit » à une température qui apporte la dureté, élimine les impuretés et détermine le retrait.Après la pose de la glaçure et de l'éventuel décor (placé sous pour la faïence fine ou sur la glaçure comme la majolique), la deuxième cuisson est réalisée à une température correspondant aux caractéristiques de la glaçure (entre 920 et 1050°C).

Elles entrent dans la composition de la plupart des poteries dans le monde, dans la fabrication des briques, tuiles ou tuyaux. 

 

 

L'adobe (ou pisé)

C'est l'argile utilisée pour la fabrication des briques séchées au soleil. Elle contient beaucoup de sable et de cellulose.

 

 

La terre papier ou paper-clay

 

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C’est une terre mélangée à de la cellulose utilisée principalement par les sculpteurs.

 

 

La terra-cota

C'est une argile cuisant à basse température, chamottée, elle sert à la fabrication de grosses pièces de sculpture. 

 

 

La bentonite

C'est une argile d'origine volcanique qui sert à donner de la plasticité aux pâtes et à défloculer l'émail.

 

 

Le gumbo

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C'est une argile de surface très plastique et très collante contenant une quantité considérable de matière organique.

 

 

 

Les couleurs

L'argile peut être blanche, rouge, cuir, jaune, brune, noire, rose, grise, mélangée, même verte chez certains fournisseurs. De plus, il est possible de modifier la couleur de l'argile dans sa masse grâce à des pigments colorants.

À noter que la couleur de la terre crue est souvent différente de la couleur de la même terre cuite. 

 

 

Les textures

Il y a  le choix entre des argiles fines ou chamottées. La chamotte est rajoutée à la terre lisse (sauf dans le cas de la terre à brique naturellement chamottée) ; c'est soit de l'argile cuite broyée et tamisée en particules plus ou moins grosses, soit de la pouzzolane (roche volcanique). Ces petits grains durs sont classés selon différentes grosseurs (0 à 2 mm) et entrent dans la composition de la terre selon différents pourcentages. 

La terre chamottée permet l'élaboration de pièces plus épaisses, elle supporte mieux les différences d'épaisseur et les chocs thermiques ; elle est également utilisée pour le raku.

L'argile chamottée diminue aussi les risques de fissures au séchage.

 

 

 

La naissance de la poterie

Les poteries les plus anciennes étaient vraisemblablement constituées de terre simplement séchée au soleil et étaient donc extrêmement fragiles.
C’est la maîtrise du feu, à la base de l’art de la céramique, qui a permis la fabrication de pièces plus résistantes, d’abord façonnées à la main puis au tour.

Le tour de potier est apparu dans le bassin méditerranéen au IIème millénaire avant notre ère, mais il était connu et utilisé en Orient depuis le IVème millénaire.

1500 avant J.C les Mycéniens connaissaient l'usage du tour : ils furent les premiers à fabriquer des céramiques artistiques (notamment des coupes à boire décorées) en plus des objets utilitaires comme des jarres servant à conserver les aliments. Les céramiques antiques.

A partir du VIIème siècle avant J.C., les Grecs maîtrisaient des techniques de décor complexes. Ils utilisaient une pâte riche en oxyde de fer (improprement appelée "vernis noir") pour fabriquer des vases à figures noires ou à figures rouges (par inversion du procédé).Dans le monde romain, les potiers utilisèrent notamment la technique de la céramique sigillée (le nom de "sigilée" vient du mot sigillum, "sceau" car les céramiques portaient souvent des estampilles).
Ces céramiques d’une belle couleur rouge, présentant le plus souvent un décor en relief, étaient moulées et non plus tournées.

 

 

 

Petite histoire de la céramique en Europe

Ce sont les Arabes qui ont introduit la technique de la poterie vernissée en Europe au Xème siècle. Cette technique de la terre vernissée a ensuite été redécouverte en France vers le XIVème siècle, notamment grâce aux Travaux sur l'émail de Bernard Palissy.

Le secret de fabrication de la porcelaine dure a été découvert en 1709 par Böttger, un alchimiste allemand de Dresde. Dès lors la fabrication de la porcelaine prit son essor en Europe. En France, la manufacture de Sèvres devint une manufacture nationale.

A partir du XIXème siècle, l'évolution de la chimie et l'étude des matériaux vont permettre la fabrication de nouveaux matériaux céramiques pour des applications industrielles : c'est la naissance de la céramique industrielle.

Parallèlement, l’art de la céramique s’est perpétué dans des villages de potiers comme La Borne ou Vallauris qui fut la résidence de Picasso dans les années 1950.

À noter : la céramique est aussi un art majeur au Japon. Parce qu'elle associait les quatre éléments, l'eau et la terre, le feu et l'air, la céramique s'est très tôt chargée d'une dimension symbolique.

Bien au delà de son rôle utilitaire, elle a fait preuve, au fil des siècles, d'une incroyable créativité technique et stylistique.

De plus, le Raku , "le bonheur dans le hasard" est une technique développée au 16ème siècle au Japon.

 

 

Pour finir, voilà un résumé très intéressant avec des liens "wikipédia".

 

Campaniforme Ciempozuelos (M.A.N. Madrid) 02.jpg

Préhistoire et ProtohistoireVénus de Dolní Věstonice (29 à 25 000 ans av J-C) - Poterie néolitique -Mésopotamie (5000 à 3750 av J-C) - Culture de la céramique cordée - Culture des vases à entonnoir - Culture de la céramique perforée - Culture de la céramique à peigne - Peiligang - Yangshao - Céramique de Malte (5700 à 700 av J-C) -Céramique cardiale - Céramique de la période Jōmon (17000 à 300 av J-C)

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Lajvardina, Takht-e Soleyman, 1270-1275. Musée National d'Iran

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Santa Fiora sante Flora e Lucilla 003.JPG

Renaissance (XVe - XVIe siècle)Céramique de la Renaissance (1400-1520) - Faïence de Saint-Porchaire (1520-1540) - Bernard Palissy - della Robbia - Céramique d'Iznik

Musée de la faïence-41-saucière.jpg

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Époque moderne (XIXe siècle)Faïence illustrée (1825-1900) - Naturalisme (1870-1900), Alfred Renoleau -Céramique impressionniste (1872-1922) - Régionalisme - Grès de Pierrefonds(1903-1986) - Expressionnisme

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Époque contemporaine (XXe - XXIe siècle)Art naïf (1900) - Art Nouveau (1920) - Abstraction. (1907) - Futurisme (1910) -Dadaïsme (1916) - Constructivisme (1920-1930) - Céramique Cubiste (1948-1955) - Surréalisme (1920-1947) - Poterie de Vallauris - Poterie d'Accolay (1945-1983) - Fat Lava (1950-1970) - Céramique Troïka (1963-1983)

 

 

 

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